ENSEIGNEMENT. UNE ASSOCIATION ŒUVRE DEPUIS PLUSIEURS MOIS POUR MENER À BIEN LA CONSTRUCTION D’UNE ÉCOLE CONFESSIONNELLE.

Les membres de l’association planchent activement sur l’ouverture pour 2016 d’une école musulmane

Reste à trouver le terrain, à lever les fonds. Et obtenir l’aval des autorités. Mais dans un an, ils en sont convaincus, l’école Maurice-Bucaille accueillera ses premiers élèves au sein de ses trois classes de maternelle et cinq d’élémentaire. L’association éponyme multiplie les initiatives afin d’ouvrir la première école musulmane du Havre et pour l’heure de Normandie.

« À l’origine, de simples rencontres entre diverses associations, principalement musulmanes, du Havre, entame Ibrahima Wane, son trésorier et également président de l’association caritative locale Sadaqa (« charité » en arabe). Rapidement fut évoqué le besoin de la création d’une école privée et d’une association pour la porter. De plus en plus de familles musulmanes inscrivent leurs enfants dans des établissements confessionnels. C’est particulièrement le cas à La Providence, une école catholique. »

Fort d’un sondage opéré sur les réseaux sociaux annonçant que près de 74 % des personnes interrogées le trouvent « indispensable » ou « indispensable et utile », les porteurs du projet s’investissent pour répondre à cette attente.

« Il ne s’agit ni de s’opposer, encore moins de dénoncer l’école publique. Et pour cause, nous y sommes tous allés et nous en sommes tous les fruits, insiste Sébastien Lemaître, le président de la structure et fonctionnaire territorial à la Ville du Havre. De nombreuses familles recherchent davantage de rigueur et un certain niveau d’enseignement, voire d’excellence. Au fil des ans, les résultats des élèves de l’enseignement public ont régressé. Alors pourquoi ne pas lui adjoindre une autre méthode face au constat qu’il ne peut plus répondre, faute de moyens ? »

Les valeurs de l’Islam

Ils en sont conscients, ils devront annihiler les peurs. « Que l’on soit jugé sur le contenu du projet plus que sur l’appellation ‘’ école musulmane ‘’ avec les clichés et les amalgames qui en découlent. L’école Maurice-Bucaille se calera sur le programme de l’Éducation nationale, avec des cours optionnels d’éveil à la foi afin d’éveiller l’intérêt de l’enfant pour l’Islam et de lui en accorder une bonne compréhension, loin de celle qu’il peut capter, seul, sur Internet. »

Lila Kaddour a rejoint l’équipe pédagogique. La jeune femme fut elle-même enseignante dans le public, précisément en maternelle. « À travers cette école, nous pourrons montrer ce qu’est le vrai Islam, celui qui permet d’inculquer de vraies valeurs. De notre point de vue, les valeurs morales sont les mêmes que les valeurs spirituelles (…). On parle de la même chose, que ce soit la politesse, tout simplement le respect. »

La question du hijab ne devrait pas se poser à Maurice-Bucaille, école maternelle et élémentaire : en effet, le port du voile n’est considéré obligatoire qu’à l’âge de la puberté.

Un budget de 620 000 €

Si l’enseignement musulman croît en France, c’est quasi exclusivement sans la contribution de l’État.

Aujourd’hui, seuls cinq établissements sur la quarantaine existant en France bénéficient du contrat d’association. Comprenez la prise en charge par les fonds publics de la rémunération des enseignants des matières générales. L’association havraise table sur un budget de 620 000 € permettant de couvrir l’aménagement de l’établissement et le financement de la première année scolaire. Pour cela, elle multiplie les initiatives depuis plusieurs semaines. Notamment une collecte, avec à la clé des pèlerinages à La Mecque (« Omra ») pour les meilleurs receveurs. « La communauté musulmane est généreuse, elle l’a déjà prouvé à travers la construction de deux mosquées », se veut optimiste Ibahima Wane.

Passer l’étape du financement ne suffit pas toujours. À Halluin (Nord), les soixante-dix-neuf élèves de l’école Al Fitra ont essuyé mardi les plâtres d’une toute première année scolaire, malgré la menace du maire qui jugeait illégale cette ouverture pour des raisons administratives.

À La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, le maire a refusé l’ouverture de cet autre établissement pour non-conformité du nombre de place de stationnement.

L’association a d’ores et déjà sollicité Édouard Philippe pour un premier entretien. « On attend la réponse, mais nous avons, notamment, pu rencontrer Florence Thibaudeau-Rainot, adjointe chargée de l’éducation. Elle semble avoir compris l’esprit d’ouverture de notre projet. Par ailleurs, le maire semble être, lui-même, une personne ouverte… »

Christophe FREBOU

Qui était Maurice Bucaille ?

Pontépiscopien décédé en 1998, Maurice Bucaille, ancien médecin du roi Fayçal d’Arabie, est une référence pour bon nombre de musulmans grâce à ses théories concordistes, autrement dit à l’interprétation qu’il propose des textes sacrés, en l’occurrence ceux du Coran, de façon à ce qu’ils ne soient pas contradictoires avec les connaissances scientifiques contemporaines. Selon le chirurgien dont on n’attestera jamais avec certitude la conversion à l’Islam, la Bible serait, elle, au contraire, truffée d’incohérences.

Il a présenté une partie conséquente de ses recherches dans son livre : La Bible, le Coran et la science ; les écritures saintes examinées à la lumière des connaissances modernes, publié en 1976.

En 1988, il écrit Pharaons et la médecine qui lui a valu le prix d’Histoire de l’Académie française, et le prix général de l’Académie nationale de médecine en 1991.

Source: Paris-Normandie

22 mars 2017

3 responses on "Un projet d’école musulmane au Havre"

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